Améliorer son eau de consommation

Améliorer son eau de consommation
 
Ayant fait un point sur les problèmes de pollution de l'eau sur notre commune, nous savons que nous sommes confrontés à deux choses bien distinctes, même si elles sont liées. La présence de bactéries coliformes, occasionnelle, mais pas prévisible et maintenue sous silence lorsqu'elle est détectée. La présence de chlore et des produits toxiques dérivés qui sont indispensables (ou presque) à cause de ces bactéries. D'autres moyens de traitement de l'eau, sans chlore, sont possibles, mais coûtent cher à mettre en oeuvre. Les finances de notre commune étant ce qu'elles sont, et ce pour bon nombre d'années à venir, il ne faut pas se faire d'illusions sur de possibles investissements dans ce domaine. La distribution d'une eau de qualité fait partie des fonctions "régaliennes" des communes, mais en certains endroits, d'autres fonctions, très voraces financièrement, passent avant les "régaliennes"... Il faut donc se prendre par la main et trouver des solutions si on veut avoir de l'eau de meilleure qualité. C'est le but de cet article qui est essentiellement technique. Proposer des solutions simples et le moins coûteuses possible, que chaque habitant pourra appliquer s'il le souhaite.
 

Nous allons traiter les deux polluants de façon distincte:

Les bactéries fécales (et autres)

Tout d'abord, la présence occasionnelle de bactéries n'est vraiment gênante que dans l'eau qui est ingérée, c'est à dire, l'eau de boisson, de lavage des crudités, de brossage des dents. Les chasses d'eau ne sont pas concernées, bien entendu, ni même la douche à condition de ne pas "boire la tasse". Les quantités d'eau concernées sont donc assez modestes comparées à la consommation totale du logement. Une première solution qui ne demande aucun investissement mais dont la gestion au quotidien peut être lourde est de consommer de l'eau en bouteilles. C'est la solution qui peut être mise en pratique immédiatement si on a un doute.

On a changé de corvée

 

 

Une deuxième solution consiste à filtrer l'eau de telle façon que les bactéries soient arrêtées. Les coliformes ont des dimensions supérieures à 0,5 microns. Il suffit de placer un deuxième robinet sur l'évier, d'eau froide seulement, alimenté à travers un filtre d'un calibre inférieur à 0,5 microns. Il existe de tels filtres en céramique qui sont réutilisables avec un simple brossage sous l'eau, lorsqu'ils sont saturés.
Le défaut des filtres est de diminuer le débit d'eau, d'autant plus qu'ils sont de petit calibre et qu'ils sont encrassés. Lorsque le débit devient trop faible, il faut démonter le filtre et nettoyer la ou les cartouches. Si on utilise une cartouche d'assez gros calibre, par exemple 0,4 microns, on arrêtera les bactéries mais pas les virus dont la taille est de l'ordre de 0,1 micron. Mais on aura un bon débit d'eau. Par contre, une cartouche de calibre inférieur à 0,1 micron arrêtera pratiquement tous les parasites, virus compris, mais le débit sera plus faible. Est-ce vraiment un problème pour l'eau de boisson? Dans les deux cas, l'eau gardera ses minéraux. Le prix d'un tel système est de l'ordre d'une centaine d'euros, plus ou moins suivant ce que l'on choisit, et hors pose bien sûr. Ce procédé est utilisé dans la commune à titre individuel avec satisfaction depuis une vingtaine d'années (avec une cartouche de 0,45 micron).

Un troisième système, qui peut être utilisé au niveau de tout un réseau, mais aussi en individuel, consiste à utiliser le rayonnement ultra violet pour détruire tous les virus et les bactéries. Est-il utile de rappeler que la lumière est une onde électromagnétique, comme la radio et la télévision et les rayons X. Ce qui les différencie, c'est leur fréquence, c'est à dire le nombre d'ondes par seconde, ou leur longueur d'onde, ce qui revient au même (désolés pour ces considérations un peu techniques). L'homo sapiens que nous sommes a la faculté de voir le spectre de lumière compris entre le rouge et le violet, soit les longueurs d'onde comprises entre 650 et 445 nanomètres (le mètre divisé par un milliard). L'illustration graphique est la suivante:
Pour les longueurs d'onde supérieures à celle du rouge, on a l'infra rouge, bien connu des chauffagistes car elle véhicule de l'énergie thermique. Pour les longueurs d'onde inférieures à celle du violet, on a l'ultra violet qui n'est pas visible à l'oeil nu et qui est dangereux pour les organismes vivants. Plus la longueur d'onde diminue (ou la fréquence de l'onde augmente, c'est pareil), plus elles sont mauvaises pour nous (les ondes). A titre de documentation, les rayons X utilisés en radiologie ont une longueur d'onde un peu inférieure au nano mètre, soit 500 fois plus petite que celle du violet et les rayons gamma (radioactivité) encore 1000 fois plus petites encore.

Tous ces détails étant donnés (pour le fun!), il faut savoir que les UV sont néfastes pour les organismes vivants dont ils détruisent l'ADN ou l'ARN. Les virus et bactéries exposés aux UV sont vite anéantis. Le procédé de traitement consiste donc à mettre une lampe émettrice d'UV dans un tuyau d'eau pour que les parasites soient insolés à son passage.
La lampe, qui fonctionne avec du courant 230 volts, est isolée de l'eau par un tube en quartz qui est transparent aux UV. C'est un système quasi infaillible, sauf en cas de panne de courant, bien sûr!

Les avantages sont la destruction de tous les organismes vivants sans modification de la composition physico chimique de l'eau avec un débit qui peut être important (tout dépend de la taille du système).

Pour les défauts, on trouve le prix, quelques centaines d'euros pour un système individuel, qui dépend de sa taille, et donc, de son débit. Une nécessité d'électricité avec la consommation correspondante (quelques dizaines de watts, dépend du débit souhaité). Le changement annuel de la lampe UV (60 à 100 euros).

Un tel système peut aussi n'alimenter qu'un seul point d'eau dans la cuisine, pour en réduire les coûts.

 

Le chlore dans l'eau

La présence de chlore dans l'eau peut faire débat, ou pourrait faire. Elle fait débat dans certains pays où des chercheurs s'intéressent à ce problème. Bien sûr, on peut douter de ce que disent ces chercheurs, mais au vu des résultats de certaines études, on peut au moins s'intéresser à la chose. Chez nous, rien, mais la France, paradis pour les lobbies, est un filtre pour les informations gênantes. Il appartient aux personnes allergiques à ce gaz et à ses dérivés, ou gênées par leur présence et soucieuses de leur santé, de se prendre en charge, avec l'aide d'internet pour essayer de l'éliminer au maximum. Nous allons passer en revue les différents procédés qui s'offrent à nous.

Le chlore et ses dérivés sont néfastes lorsqu'ils sont ingérés, tout comme les bactéries, c'est à dire dans l'eau de boisson, le rinçage des crudités, et le brossage des dents (surtout pour les enfants). Mais le chlore est un gaz qui s'évapore lorsqu'on vaporise en fines goutelettes les liquides dans lesquels il est dissout. C'est le cas de la douche. D'ailleurs, tous ceux qui connaîssent les bains bouillonnants dans les piscines ont remarqué cette odeur épouvantable de chlore qu'il n'y a pas dans la même piscine loin des bouillons. Les autres modes de transfert qui ne se font pas en fines goutelettes (baignoire, vaisselle à la main) produisent beaucoup moins d'évaporation de chlore.

Passons aux solutions.

Pour les eaux ingérées seulement, la solution la plus simple de l'eau minérale en bouteilles marche tout autant que pour les bactéries, avec les mêmes inconvénients.

Pour éviter le coût et la corvée du transport, on peut, tout comme pour les bactéries, filtrer l'eau pour la débarrasser de son chlore et dérivés. Mais les filtres ne sont pas les mêmes. Là, il ne s'agit pas d'arrêter des particules suivant leur dimension, mais de capturer le chlore à son passage. Heureusement, la nature est bien faite, et il existe un matériau naturel particulièrement efficace; c'est le charbon activé.

Autorisons nous une parenthèse sur le charbon activé.

Beaucoup de gens connaîssent ce matériau pour en avoir avalé pour traiter des problèmes de digestion et de flatulences (exemple, charbon de Belloc). En effet, il a la caractéristique de retenir certains gaz et les composés qui les produisent. Il est constitué de carbone et est issu de la combustion de déchets de bois, de coques de noix de coco, et autres matériaux combustibles. La matière première est calcinée à très forte température, puis l'efficacité est renforcée par d'autres traitements thermiques. Pour l'élimination des gaz, c'est la noix de coco qui est préférée car elle produit des pores très petites dans le charbon. Le charbon activé est utilisé pour filtrer l'eau, comme médicament pour la digestion, et dans les masques à gaz.

Revenons maintenant à notre chlore.

On trouve dans le commerce des carafes filtrantes équipées d'un filtre à charbon activé, mais pas que ça. Les plus connues sont de la marque Allemande Brita, mais il y a d'autres marques. La filtration du chlore est réèlle, mais pas forcément supérieure à celle qui consiste à laisser l'eau dans un pichet pendant plusieurs heures pour que le chlore s'évapore. Les autres constituants sont assez controversés. De l'iodure d'argent, des résines échangeuses d'ions (un peu comme dans les adoucisseurs d'eau). L'argent se retrouve dans l'eau filtrée à des doses supérieures aux limites autorisées. Les résines échangeuses d'ions enlèvent le calcium, le magnésium, le fer. Est-ce bien bon? Les résines des adoucisseurs sont connues pour être cancérigènes. Qu'en est-il de celles utilisées dans ces carafes? On est loin d'une solution idéale, d'autant qu'elles ne peuvent servir que pour la boisson. En effet, prendre une douche avec une carafe Brita relève de l'exploit !

Il faut donc trouver des filtres à charbon activé seul. Ca existe sous la forme de cartouches comme celles en céramique utilisées pour fitrer les bactéries et que l'on monte dans un porte filtre. Le principal inconvénient est qu'une cartouche ne peut filtrer environ que 6000 litres d'eau puis doit être remplacée. Cela demande aussi à ce que seules les eaux de l'évier et de la douche soient traitées au charbon, donc peut être des modifications de plomberie. Mettre de l'eau ainsi traitée dans les chasses d'eau, au garage et au jardin mènerait à changer de cartouche plusieurs fois par mois. Cette solution est relativement peu coûteuse en termes d'investissement(porte filtre identique à celui pour les cartouches céramiques), un peu plus en coût de fonctionnement (entre 6 et 10 euros par cartouche).

Cette filtration au charbon activé, couplée à un tube UV paraît être LA solution pour améliorer l'eau telle qu'on l'a en Chartreuse, sans nitrates, phosphates, pesticides, juste avec du chlore et parfois, des bactéries. C'est une solution typiquement utilisée dans l'agro alimentaire.

Notons qu'il est possible de passer l'eau de la cuisine et de la douche au charbon activé, puis passer cette eau dans un tube UV uniquement pour un robinet d'eau froide à l'évier. On réduit alors la taille de l'installation UV et son prix.

Est-il utile de rappeler qu'aucun investissement individuel tel que ceux évoqués ci dessus ne viendra en déduction de la facture d'eau, faut pas rêver !!!

 

Michel RICARD



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