Coliformes

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La qualité de l'eau est un sujet qui revient régulièrement dans les actualités Chartroussines. Si la pollution chimique par les nitrates, les pesticides et autres insecticides est quasi inexistante, elle est largement remplacée par une pollution bactériologique. On peut consulter les résultats d'analyses dans sa commune, pour chaque réseau indépendant, sur le site officiel du ministère de la santé à l'adresse suivante:

http://www.sante.gouv.fr/qualite-de-l-eau-potable

La consultation des dernières analyses, en date du 23 octobre 2015 fournit les renseignements suivants pour le réseau principal du village:

 

23 octobre 2015, réseau principal

On constate la présence de 7 bactéries coliformes pour 100 millilitres d'eau, la norme n'en tolérant aucune. On constate aussi un taux extrêmement bas de chlore. Il semble qu'il y ait eu un problème dans l'alimentation ou le dosage du chlore, qui est utilisé pour désinfecter l'eau. L'analyse précédente, en date du 6 octobre 2015 donnait pour le même réseau, une eau conforme sur le plan bactériologique, mais pas en terme de qualité. Le taux de chlore était de 0,28 milligrammes par litre, proche de la limite en France qui est 0,3 . On trouve aussi quelques polluants, du dichloropropane-1,2 du dibromométhane et du dibromo-1,2-chloro-3propane, de quoi faire une bonne soupe!

20 avril 2015, reseau Cucheron- la Coche

Les accidents comme celui du 23 octobre sont assez rares fort heureusement, le dernier sur ce même réseau principal remonte au 16 juillet 2013 où on dénombrait pas moins de 37 bactéries coliformes. Les choses se sont grandement améliorées par rapport à ce qu'elles étaient dans les années 90. Les critères de qualité sont un peu plus souvent médiocres, comme sur le réseau du Cucheron et de la Coche le 20 avril 2015 où on trouve différents polluants dont du chlorure de vinyle (composant de base du fameux PVC).

Ces quelques exemples montrent que la qualité de l'eau n'est pas toujours au top, même si elle n'est pas vraiment impropre à la consommation. On peut regretter que les accidents bactériologiques, certes assez rares, soient passés sous silence, alors qu'il devrait y avoir une alerte faite à la population afin que l'on évite de boire ou de laver les crudités tant que le problème n'est pas réglé. Ces alertes seraient particulièrement utiles pour les sujets à risques parmi lesquels les jeunes enfants, les personnes agées et ceux dont le système immunitaire est affaibli. Les analyses sont effectuées deux à trois fois par an, ou plus en cas de problème avéré, et on peut imaginer qu'il y ait des pollutions bactériologiques, entre deux analyses, qui passent totalement inaperçues, sauf pour ceux qui tombent malades bien sur.

 

Les bactéries coliformes

Les coliformes fécaux et les E. coli sont des bactéries que l'on trouve majoritairement dans les matières fécales des humains et des animaux. Leur présence dans l'eau indique une contamination récente par des matières fécales et la présence possible de bactéries et virus potentiellement pathogènes.

Les effets sur la santé des bactéries et virus pathogènes dans l'eau potable sont variables. Dans la majorité des cas, ils se limitent à des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements et surtout diarrhée), de courte durée, 1 à 2 jours. Cependant, chez les personnes sensibles, telles que les bébés, les personnes âgées et celles présentant un déficit immunitaire, les effets peuvent être plus graves, chroniques ( lésions rénales) ou même mortels.
 

Pourquoi trouve-t-on des bactéries dans l'eau?

Sans avoir la prétention de faire un cours de géologie, décrivons le plus simplement possible le problème:
L'eau que nous buvons provient de sources. Les montagnes qui alimentent ces sources sont de véritables gruyères formés de cavités qui servent de réservoirs, et de failles et fissures qui relient entre eux ces réservoirs. Tout ce réseau creux remonte jusqu'à la partie supérieure des montagnes, ce qui fait que les eaux de pluie ou de fonte atteignent le coeur de la montagne sans aucune filtration. La plupart de nos montagnes accueillent des troupeaux en alpages en plus des animaux sauvages. Les déjections de tous ces animaux chargent les eaux de pluie en bactéries fécales qui descendent dans les réservoirs directement par les fissures, c'est à dire sans filtration.

C'est pour cela que les sources contiennent des bactéries fécales en quantité variable suivant la saison et les conditions de pluviométrie.

 

L'élimination des bactéries

Pour que l'eau soit potable, il faut éliminer les bactéries ou les tuer. Plusieurs procédés sont utilisés par les collectivités.

Les procédés "de luxe" sont le traitement à l'ozone, et les ultra violets, ils ne donnent aucun gout à l'eau et ne lui apportent pas de produits toxiques. La teneur en minéraux et oligo éléments n'est pas modifiée.

Le système le plus répandu est le traitement au chlore, c'est le moins cher à mettre en oeuvre, et donc celui qui traite le plus gros volume d'eau consommée dans notre commune (la liste des réseaux avec leur système de traitement est donnée à la fin de cet article). Il est très largement utilisé en France. Le chlore donne ce gout et cette odeur bien connus, mais ce n'est pas tout, c'est un gaz dangereux. A titre de documentation, il fut utilisé par les Allemands pendant la première guerre mondiale comme gaz de combat. Il est d'ailleurs interdit en Allemagne et il est impossible de trouver de l'eau de javel dans ce pays. Les Allemands se souviendraient-ils des effets terribles de ce gaz? Dommage que leurs adversaires et victimes de l'époque les aient oubliés...

Le chlore inflige des dégâts aux yeux, au nez, à la gorge et aux poumons, et il peut causer la mort par asphyxie à hautes concentrations.

Bien entendu, les concentrations dans l'eau potable ne sont pas à même de produire des effets aussi forts. Dans la majorité des cas, chez les personnes en bonne santé et n'ayant pas de prédispositions particulières, il est sans danger, ou presque... quoi que!

 

Le chlore dans l'alimentation

Quoi que ne présentant pas de gros danger à priori, l'utilisation du chlore dans l'eau de consommation a intéressé bon nombre de chercheurs dans le monde. Les Canadiens sont particulièrement mobilisés sur ce sujet. On trouve sur internet de nombreuses informations venant du Canada. En voici quelques unes:
Depuis plus d'un siècle, la chloration de l'eau a permis d'améliorer sensiblement l'innocuité des réserves canadiennes d'eau potable. La désinfection de l'eau permet d'en éliminer les micro organismes à l'origine de maladies graves ou mortelles, comme le choléra et la fièvre typhoïde. À ce jour, le chlore demeure le désinfectant le plus utilisé pour l'eau potable et celui pour lequel le corpus d'information scientifique est le plus abondant.

L'ajout de chlore s'effectue pendant le traitement de l'eau potable. Toutefois, le chlore réagit également avec les matières organiques d'origine naturelle présentes dans l'eau, telles les feuilles en décomposition. Cette réaction chimique produit une famille de composés appelés sous-produits de la chloration. Ceux qu'on rencontre le plus souvent sont les trihalométhanes (THM), notamment le chloroforme. La concentration de THM dans l'eau potable peut dépendre de plusieurs facteurs, dont la saison et la source de l'eau potable. Par exemple, les concentrations de THM dans l'eau sont généralement moins élevées en hiver qu'en été, parce que les teneurs en matières organiques d'origine naturelle sont plus faibles et qu'il faut moins de chlore pour désinfecter à basse température. L'eau de puits ou l'eau provenant d'un grand important contient de faibles concentrations de THM, tandis que l'eau des rivières et les eaux de surface présentent des concentrations plus élevées, car elles contiennent généralement plus de matières organiques.

Les risques posés par les sous-produits de la chloration
Les animaux de laboratoire exposés à des concentrations très élevées de THM présentent un risque accru de cancer. Plusieurs études chez l'humain ont également révélé un lien entre l'exposition prolongée à des concentrations élevées de sous-produits de la chloration et une incidence accrue de cancer. Par exemple, une étude récente a mis en lumière une augmentation du risque de cancer de la vessie et peut-être du côlon chez les sujets ayant consommé de l'eau chlorée pendant trente-cinq ans ou plus.

Les concentrations élevées de THM peuvent également avoir un effet sur la grossesse. Dans une étude réalisée en Californie, on a observé un risque accru d'avortement spontané chez les femmes enceintes qui buvaient de grandes quantités d'eau de robinet à forte teneur en THM. Ces études ne prouvent pas l'existence d'un lien entre les THM et le cancer ou les avortements spontanés. Elles soulignent cependant l'importance de poursuivre les recherches afin de confirmer les effets possibles sur la santé.
source: http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/chlor-fra.php

Michel RICARD

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